L'histoire des divinations

Depuis les premiers âges des civilisations, de la Perse à Rome, les Arts Divinatoires ont su prendre une place importante tant auprès des puissants que chez les peuples. Mais l'histoire des divinations est-elle aussi simpliste ? N'y a t-il pas une réelle évolution dans le rôle et la place sociétale du devin ?

L'histoire des Divinations trouve ses origine dans la Perse antique chez des devins tels que Zoroastre qui dans ses transes saura guider les fidèles de sa nouvelle religion, le mazdéisme, basé sur l'opposition entre le bien et le mal. Il est alors sur Que le devin n'est en fait qu'un astrologue et un mathématicien, se qui perdurera jusque à la fin de l'antiquité, avec l'exemple de Thalès, qui outre ses théorèmes bien connus des écoliers, versait également dans la lecture des astres.

Le devin, ou l'astrologue, va prendre une place différente selon les époques et la vision que les élites et les dirigeants ont de ses pratiques. Chez les grecs et les romains, les haruspices en font une science savante, lisant dans la nature (vol des oiseaux, entrailles d'animaux...) le faste ou le néfaste de la journée. Aucune journée ne commence, dans la cité grecque ou pour le premier magistrat romain sans la divination de la journée. Mais ces augures « officiels » s'opposent aux « charlatans » qui prédisent l'avenir sous l'emprise des feuilles de laurier ou d'autres substances hallucinogènes.

Cette distinction va perdurer et les voyants officiels et reconnus vont perdurer face aux charlatans. La généralité veut que les augures, devins ou astrologues reconnus par l'histoire de la divination sont en général des savants, philosophes ou mathématiciens sous l'antiquité, ils sont le plus souvent médecin et herboriste à la Renaissance. Le Moyen âge fait bien sur exception. Dans ces âges plutôt sombres, les voyants sont les « Zingaras », les gitanes quémandant sur les parvis des églises et très peu reconnues par les puissants mais appréciées dans les foires médiévales au côté des montreurs d'ours et des marchands ambulants. A partir de la Renaissance, l'histoire des divinations nous montre que les devins et les astrologues sont très souvent rattachés au Princes et au Rois puissants de l'époque. François Ier avait Gauricus, Catherine de Médicis aura Jean Fernel, qui lui fabriquera un médaillon d'Amour pour éliminer Diane de Poitiers de son royal époux.

Depuis la révolution française, la voyante devient beaucoup plus l'astrologue, travaillant sur les étoiles et les thèmes astraux, que la sorcière du village, ou la Malvoisin, fournisseue officielle de madame de Maintenon en philtre d'amour pour s'attacher les faveurs de Louis XIV sous les lumières, trafiquant des potions plus que douteuses. Ainsi, sous la terreur, l'histoire des divinations montre que la voyante est la dame de compagnie, invitée dans les salons. Sous l'empire, Joséphine de Beauharnais ne se sépare pas de sa voyante, qui lui prédit son thème tous les matins au réveil. Cette position se retrouve encore au XX° siècle, avec certains chefs d'Etat, comme François Mitterand, très attaché à « sa voyante ».

Ainsi donc, l'histoire des divinations nous montre que le rôle des voyants, depuis la Perse antique, a bien évolué, et qu'aujourd'hui, comme à Rome au II° siècle, la voyance est populaire, mais elle régit moins la vie des hommes aujourd'hui qu'il y a 2000 ans. La lecture de l'horoscope est de nos jours, devenu un moment rituel, le matin pour se préparer à sa journée, ou le soir, pour les sceptiques, pour prouver qu'il se serait trompé de toute manière.